Le coton est le tissu que l'on coud le plus souvent, et celui dont on parle le moins. On croit le connaître : il vient d'une fleur, il rétrécit au lavage. Voici d'où vient la fibre, comment le reconnaître et pourquoi le laver avant de coudre.
L'essentiel en quatre points
- Sa nature — une fibre de graine, de cellulose quasi pure : végétale, comme le lin.
- À l'eau — le coton boit l'eau, gonfle et se détend : c'est là qu'il rétrécit.
- Son toucher — mat, sec, froissable ; il absorbe et relâche l'humidité vite.
- Son entretien — 60 °C au plus pour un blanc, 40 °C pour un imprimé, fer chaud.

Notre coton de référence
Popeline de Coton Unie, Blanc
Une popeline serrée de 125 g/m², 100 % coton Oeko-Tex : elle se tient sans être raide et se lave sans surprise.
8,00 € le mètre — laize 150 cm
Voir la fiche produitD'où vient la fibre de coton
Le coton n'est ni une tige ni une écorce : c'est un duvet. La fibre pousse autour de la graine, dans la capsule du cotonnier, un arbuste du genre Gossypium. À maturité, la capsule s'ouvre sur une houppe blanche, que l'on récolte puis sépare des graines par égrenage.
Chaque fibre est une cellule de cellulose presque pure : de 87 à 90 % selon l'Encyclopædia Britannica. D'où son comportement : le coton aime l'eau, la boit et la rend vite.

Reconnaître un coton en boutique
Prenez le tissu entre deux doigts, relâchez : un coton se froisse et garde la trace du pli. Il est mat — sauf tissé en satin —, sec au toucher, sans la fraîcheur glissante de la viscose.

Popeline, voile, jersey, satin
« Coton » dit la fibre, pas le tissu. Un même fil, tissé de plusieurs façons, donne des étoffes qui ne se cousent pas pareil : tout repose sur trois armures, la toile, le sergé et le satin.
- La popeline — une toile très serrée, aux fils de chaîne plus fins que ceux de trame : le tissu de la chemise. Voir les popelines.
- Le voile de coton — une toile si légère qu'elle devient transparente : parfait pour un chemisier d'été.
- La batiste — une toile fine et dense, mate : idéale en doublure légère.
- Le jersey — non plus un tissé mais un tricot, aux mailles extensibles : il se coud à l'aiguille jersey. Un jersey de coton.
- La gabardine — un sergé, à côtes en diagonale : serrée et résistante au vent, surtout en laine pour le manteau.
- Le satin de coton — une armure satin, aux fils flottants : face lisse et brillante, mais fragile à l'accroc. Satin de coton uni.
Ce que le coton fait à l'eau
Le coton est hydrophile : il absorbe et relâche l'humidité vite. Au contact de l'eau, il gonfle — c'est ce gonflement qui explique le rétrécissement, et les fils tendus sur le métier se détendent au premier lavage. Le coton rétrécit donc surtout aux deux premiers lavages, principalement dans les armures sergé comme la gabardine ou le denim. La chaleur aggrave le phénomène : on lave un blanc à 60 °C au plus, un imprimé à 40 °C.
Pourquoi le laver avant de coudre
C'est l'étape que l'on saute et que l'on regrette. Un tissu neuf porte un apprêt — un enduit qui fixe la teinture — qu'il faut retirer avant la coupe. Le premier lavage est aussi le moment où le coton se détend le plus : coupez avant, et votre chemise perdra un centimètre à son premier bain. Lavez le coupon entier comme vous laverez le vêtement (40 °C pour un imprimé, jusqu'à 60 °C pour un blanc), séchez-le à plat, puis repassez-le avant de l'étaler.

Quel coton pour quel projet
Choisissez d'abord le poids, en grammes par mètre carré (g/m²), indiqué sur la fiche :
- 70 à 100 g/m² — voile, batiste, popeline fine : blouses d'été. Aiguille 70 ou 80.
- 110 à 130 g/m² — popeline classique : la chemise, la robe d'été. Le plus polyvalent.
- 200 g/m² et plus — jersey, canvas, gabardine : pantalons, sacs, vêtements d'enfant.
Cousez avec un fil polyester résistant et une aiguille neuve : une aiguille usée fait des points irréguliers.
Le bon repère
- Nature — fibre de graine, 87 à 90 % de cellulose.
- Lavage — 60 °C max pour un blanc, 40 °C pour un imprimé.
- Repassage — fer chaud, jusqu'à 200 °C, comme pour le lin.
- Armures — toile (popeline, voile), sergé (gabardine), satin.
Les pièges à éviter
- Coudre avant de laver — le coton rétrécit après la coupe et décale tout.
- Repasser à l'endroit un coton foncé — un lustre peut marquer : pattemouille sur l'envers.
- Laver un imprimé à 60 °C — ses couleurs passent au-dessus de 40 °C.
- Juger un tissu à son nom — « coton » ne dit ni le poids ni l'armure.
- Prendre un jersey pour un tissé — il veut une aiguille jersey, sinon la couture casse.
Questions fréquentes
Le coton rétrécit-il au lavage ?
Oui, surtout aux deux premiers lavages et dans les armures sergé comme la gabardine. Ensuite il se stabilise : lavez le coupon avant la coupe.
Peut-on laver du coton à 60 °C ?
Oui pour un blanc ou un uni de couleur solide. Restez à 40 °C pour un imprimé, dont les couleurs s'altèrent plus vite.
Faut-il laver le tissu avant de coudre ?
Oui pour un projet lavé souvent : le bain retire l'apprêt du neuf et détend les fibres.
Quelle aiguille pour coudre du coton ?
Une universelle neuve, 70 ou 80 pour une popeline fine, 90 pour un canvas. Un jersey se coud à l'aiguille jersey.
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